Est-ce l’ancien architecte qui parle ?

Aug 16th, 2013

Les impulsions africaines qui ont fait partie de la grande révolution de l’art occidental au début du XXe siècle sont bien connues. A mon petit niveau, je relie simplement le plaisir que me procure l’art africain aux plaisirs très puissants de la découverte quand, étudiant en architecture, je mesurais la force tellurique du mouvement moderne. Je dirais que c’est un plaisir esthétique, direct, primordial et universel qui me touche profondément. Le beau, c’est l’essence de la vie, comme une trace de Paradis sur terre. C’est quelque chose qui fait un peu planer au-dessus de nos mesquineries. Dans les choses belles, il y a comme des solutions et des évidences qui m’apaisent.

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Qu’est-ce qui vous séduit dans l’art africain ?

Aug 16th, 2013

Je suis émerveillé par l’inventivité plastique des œuvres africaines, par les combinaisons à la fois très codées et comme naturelles qui font passer de la courbe à la droite, du volume au plan, avec une apparente simplicité. « L’architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes sous la lumière » disait Le Corbusier, en révolutionnant notre regard au tout début du XXe siècle. On découvrait la beauté fulgurante des usines, des avions ou des gares en acier, « nouvelles cathédrales des temps modernes ». Ce n’est pas un hasard si l’art africain, à la même période, stupéfie les plus grands artistes et nourrit l’art contemporain. Un masque Fang dont on a miraculeusement gardé la trace est offert en 1905 à Vlaminck. Ce dernier le montre à Derain qui en reste “bouche bée” selon son advance payday loan expression. Derain achète le masque et le montre à son tour à Matisse et Picasso… Le plus vieux des continents a offert l’étincelle qui va permettre à la modernité d’exploser.

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Est-ce que votre collection comporte des spécificités, dessine des obsessions particulières

Aug 16th, 2013

Mon problème, c’est que j’aime tout ! J’aurais rêvé pouvoir constituer une collection encyclopédique, qui reflète, même par un ou deux objets seulement, le maximum d’ethnies. Comme pour mieux embrasser les diversités Africaines. C’est impossible. Mais je me suis aperçu que j’avais quand même certaines préférences. Par exemple, je suis moins sensible à l’art pourtant très raffiné et très recherché de la Côte d’Ivoire. Je suis très attiré par des sculptures en apparence plus sauvages, plus brutes comme celles des Montol du Nigeria oriental, comme celles des Mumuye ou des Chamba. Je suis fasciné par les objets vaudou, compositions complexes et effrayantes où de véritables crânes de singe, parfois des poils, font “partie du décor”. D’une manière online viagra générale, je suis plus statues que masques, c’est mon côté « Oreille cassée ».

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Qu’est-ce qui a présidé à la constitution de votre collection ?

Aug 16th, 2013

Comme la création, tout part du big-bang ! (rires) C’est donc lié à un coup de foudre. Il y a quelques années, j’étais à l’Ile d’Yeu, j’attendais le bateau de retour avec l’être aimé, après un séjour magique. Une heure à perdre, nous sommes rentrés chez un antiquaire, j’ai eu un flash pour une très belle statue. Cette statue Ibo m’a profondément touché, je ne sais pourquoi. Ça été violent et physique. Je n’avais jamais regardé l’art africain avant. Je suis rentré avec la statue dans les bras, je ne voulais pas la lâcher ! Il y a du comique et du ridicule dans la passion.

La beauté des trésors africains a donc mis du temps à m’atteindre. La rencontre n’en a été que plus forte. Et c’est à Tanger, précisément, où je vis depuis quatre ans, que cette passion est devenue un peu dévorante. On dit souvent, ce qui n’est pas faux, que Tanger tourne le dos à l’Afrique. Moi, ici, il m’a plu de me tourner vers le sud, dans cette ville, Tanger, qui rêve tant du nord. C’est d’ailleurs une sorte d’ironie quand on sait qu’au XIVe siècle, Ibn Battouta, l’enfant chéri de Tanger, a été l’un des premiers explorateurs du monde à faire des compte- rendus de ses voyages en « Afrique noire ».

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